AAH et PCH : à quoi servent-elles ?
L’AAH, un minimum de ressources pour vivre
L’AAH, ou Allocation aux Adultes Handicapés, est l’une des aides les plus connues pour les personnes en situation de handicap. C’est un revenu de remplacement : son but est d’assurer un minimum de ressources à une personne incapable de travailler, ou qui a des difficultés importantes à accéder à un emploi à cause d’un handicap reconnu.
- L’AAH complète les autres ressources jusqu’à un certain plafond fixé chaque année.
- Elle s’adresse à toute personne de plus de 20 ans (parfois 16 ans selon la situation) dont le taux d’incapacité est d’au moins 80% (ou entre 50% et 79% avec restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi, sous conditions).
- Le montant maximal de l’AAH est de 1016,05 € par mois (chiffres 2024).
La PCH, pour compenser les conséquences pratiques du handicap
La Prestation de compensation du handicap (PCH) n’est pas une allocation de ressources, mais un remboursement de dépenses. Elle a pour objectif de couvrir les surcoûts liés au handicap : par exemple l’aide humaine à domicile, l’achat de matériel spécialisé, ou l’adaptation du logement.
- La PCH s’adresse aux enfants comme aux adultes, à partir de 3 ans en Gironde et partout en France.
- C’est une réponse personnalisable : elle tient compte du projet de vie, des besoins concrets de la personne.
- Son montant varie beaucoup selon le plan d’aide, de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros par mois ou ponctuellement.
Pour bien comprendre : l’AAH est un minimum de revenu garanti, la PCH est un “remboursement” (ou une prise en charge) de frais supplémentaires dus au handicap. Elles peuvent souvent se cumuler, mais l’une ne remplace pas l’autre.
Qui peut en bénéficier ? Les conditions détaillées
Qui a droit à l’AAH ?
- Âge : Avoir au moins 20 ans (ou 16 ans si le/la jeune n’est plus considéré comme à charge dans le foyer fiscal).
- Taux d’incapacité : Reconnu par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) :
- 80 % ou plus : AAH accordée sans conditions d’accès à l’emploi.
- Entre 50 % et 79 % : AAH possible seulement si le handicap limite l’accès à un emploi “de façon substantielle et durable”.
- Résidence : Résider en France de façon stable, être de nationalité française ou en situation régulière si étranger.
- Ressources : Les revenus du demandeur (et du conjoint/partenaire/PACS) ne doivent pas dépasser un certain plafond :
- 12 171 € pour une personne seule
- 19 607 € pour un couple
- + 4 554€ par enfant à charge (chiffres 2024)
Qui peut toucher la PCH ?
- Âge : La demande peut se faire dès 3 ans et jusqu’à 60 ans. Après 60 ans, elle reste ouverte sous certaines conditions (si le handicap était déjà reconnu avant les 60 ans, ou si la situation évolue).
- Résidence : Même condition que pour l’AAH, la personne doit vivre en France de façon stable.
- Degré de handicap : La PCH est attribuée en fonction d’une difficulté grave à accomplir minimum 1 activité essentielle (se déplacer, se laver, communiquer…), ou d’une difficulté moins grave pour au moins 2 activités.
- Ressources : Il n’y a pas de plafond de ressources pour la PCH, mais certaines aides sont plafonnées si les ressources dépassent un certain montant (principe de participation financière).
En Gironde, la MDPH traite toutes les demandes d’AAH et de PCH, parfois en même temps : c’est un dossier commun à constituer (formulaire Cerfa 15692*01 + pièces justificatives).
AAH et PCH : montants, versement, cumul
Montants de l’AAH
Le montant maximum de l’AAH est donc de 1016,05 € par mois en 2024 (Source : Service-public.fr). Ce montant est réduit selon les autres ressources du foyer, y compris les pensions, salaires, allocations chômage, etc. Les ressources sont étudiées sur les 12 mois précédant la demande.
Montants de la PCH
La PCH fonctionne par “volets”, chaque type de besoin correspondant à un montant maximal, réévalué chaque année :
- Aide humaine : jusqu’à 100 % du coût d’une aide à domicile dans les tâches de la vie courante (Source Gironde.fr). Peuvent être concernés l’aide au lever, à la toilette, aux déplacements…
- Aménagement du logement : jusqu’à 10 000 € sur 10 ans pour adapter salle de bain, accès, cuisine…
- Aide technique : jusqu’à 13 200 € sur trois ans pour un fauteuil roulant, un lit médicalisé, etc.
- Autres postes : frais de transport, charges exceptionnelles, aide animalière (chien d’assistance)…
La PCH n’est jamais versée en “argent de poche” : elle rembourse (sur factures) ou finance des intervenants et des achats.
Puis-je toucher l’AAH et la PCH en même temps ?
Oui. Il est fréquent, surtout à partir de 20 ans, que la MDPH propose ou accorde les deux : l’AAH pour garantir un minimum de vie décente, la PCH pour répondre à des besoins concrets. Attention : toucher la PCH peut parfois réduire l’AAH si, par exemple, l’aide humaine de la PCH vous permet de travailler davantage et d’augmenter des revenus.
Quels sont les critères d’attribution ? Comment s’y retrouver dans le dossier MDPH ?
Reconnaissance du handicap : le rôle de la MDPH en Gironde
- L’AAH : la commission évalue le taux d’incapacité à partir des documents médicaux et du projet de vie. Pensez à bien remplir la partie “expression des besoins et attentes” (le fameux projet de vie).
- La PCH : la MDPH évalue le besoin d’aide humaine, technique, d’adaptation, avec parfois une visite à domicile ou un échange téléphonique pour comprendre la réelle situation.
Il est souvent difficile de s’auto-évaluer… Beaucoup de familles sous-estiment le degré de difficulté. Il vaut mieux donner des exemples concrets du quotidien (ex : “doit être aidé à chaque toilette”, “impossible de sortir seul”, etc.). N’hésitez pas à vous faire aider par votre médecin ou une assistante sociale, surtout pour la partie “projet de vie” qui compte beaucoup pour la décision finale.
Démarches à suivre pour demander l’AAH et/ou la PCH en Gironde
- Préparer les justificatifs :
- Pièce d’identité, justificatif de domicile en Gironde
- Dernier avis d’imposition
- Attestation de sécurité sociale
- Certificat médical récent (moins de 6 mois), formulaire spécifique MDPH
- Justificatifs de ressources, bulletins de salaire le cas échéant
- Remplir le dossier (papier ou en ligne sur mdph33.fr)
- Joindre tous les éléments médicaux et administratifs
- Envoyer ou déposer le dossier à la MDPH de Gironde : 264 boulevard Godard, 33300 Bordeaux
- Suivre l’instruction (souvent long, plusieurs mois : il ne faut pas hésiter à relancer ou à contacter un référent social)
- Attendre la notification écrite, puis mettre à jour sa situation chaque année/situation évolutive
Astuce Gironde : Sur le département, le Guide Pratique de la MDPH est distribué par les CCAS (Centres Communaux d’Action Sociale), par les hôpitaux et peut être téléchargé en ligne.
Ce qu’il faut savoir avant de choisir ou de cumuler AAH et PCH
- L’AAH est prioritairement une “aide de base” : elle protège contre l’absence totale de revenus dû au handicap.
- La PCH s’intéresse uniquement aux frais supplémentaires, même si la personne perçoit déjà une pension ou une allocation.
- Les deux ne sont pas concurrentes : c’est souvent pertinent de faire les deux demandes en même temps, si la personne remplit les critères.
- L’évaluation des besoins est le point clé, surtout pour la PCH : des exemples précis, factuels, concrets, donnent plus de poids au dossier.
- Il arrive que la MDPH propose une alternative moins connue à la PCH pour les plus de 60 ans : l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), qui n’a pas exactement les mêmes critères.
- Si une situation d’urgence (rupture de prise en charge, retour à domicile après hospitalisation…), prenez contact avec le service social du secteur ou les assistantes sociales du Département au 05 56 99 33 33 (numéro du Conseil départemental de la Gironde).
Où obtenir de l’aide dans vos démarches en Gironde ?
Pour ne pas rester seul face à la complexité des formulaires et des justificatifs, plusieurs structures peuvent vous accompagner gratuitement :
- Conseils de la MDPH Gironde : accueil physique sur rendez-vous à Bordeaux ou par téléphone au 0 800 55 33 33 (numéro vert gratuit).
- Associations locales, selon le handicap : APF France Handicap, Unapei 33 (intellectuel), France Alzheimer Gironde, Fédération des Aveugles, AFM-Téléthon…
- Mairies et CCAS : présence d’un référent handicap dans la plupart des grandes communes (en particulier à Mérignac, Pessac, Libourne, etc.).
- Assistantes sociales hospitalières ou de secteur : elles peuvent aider à constituer le premier dossier, à monter les recours ou les compléments.
- En ligne, le site du Département de la Gironde propose des guides simples.
Aller plus loin : s’informer, anticiper
La demande d’AAH ou de PCH, c’est rarement une étape isolée : elle s’inscrit souvent dans un parcours de vie, un projet d’autonomie pour son proche, des choix à faire en famille. Anticiper les démarches reste le meilleur moyen de garder un peu de sérénité : pensez à renouveler les dossiers avant la date de fin de droits, à conserver toutes les notifications, à demander une aide ponctuelle si la situation se dégrade.
Les évolutions sont fréquentes : la loi de 2023 a permis par exemple la déconjugalisation de l’AAH, important pour les couples dont l’un des membres est handicapé (Source : Légifrance). Les droits à la PCH s’ouvrent désormais à de nouveaux publics (troubles psychiques, polyhandicap, etc.). Restez en veille, et surtout, entourez-vous.
Personne n’a à gérer cela seul : les dispositifs existent, même s’ils semblent parfois lointains ou complexes. Prendre contact, se faire relire ou conseiller change souvent le parcours, surtout en période de doute ou de fatigue.
Pour toute question, la MDPH de la Gironde accueille chaque semaine des permanences sur rendez-vous, et des associations proposent des points d’écoute sur le terrain ou par téléphone. Avancer ensemble permet d’agir avec un peu plus de confiance.