Vous cherchez une solution d’accompagnement pour un proche âgé ?

Vous vous posez peut-être la question suivante : “Est-ce que la caisse de retraite de mon père propose des aides, en plus de l’APA, pour l’aider à vivre chez lui ?” Cette interrogation revient très souvent lors de l’accompagnement d’un proche en perte d’autonomie, que ce soit en Gironde ou ailleurs. Les démarches administratives sont déjà nombreuses, alors on peut passer à côté d’aides, parfois méconnues, parfois cumulables, dont le rôle est pourtant essentiel.

À quoi servent les aides proposées par les caisses de retraite ?

En Gironde, comme partout en France, c’est le Département qui gère la prestation principale d’aide à domicile (l’APA, Allocation Personnalisée d’Autonomie). Mais les caisses de retraite, qu’elles soient “de base” (CNAV, Carsat, MSA, SSI) ou complémentaires (Agirc-Arrco, IRCANTEC, etc.), interviennent en soutien, notamment quand l’APA n’est pas accessible ou pas suffisante.

Les caisses de retraite ne financent pas seulement les pensions. Elles peuvent prendre en charge :

  • Des heures d’aide à domicile en plus (ménage, entretien, courses, repas, petits travaux…)
  • Des équipements pour sécuriser le logement (barres d’appui, monte-escalier, téléassistance, etc.)
  • Des séjours temporaires en établissement (hébergement de répit, accueil de jour, résidence autonomie)
  • Des soutiens ponctuels en cas de sortie d’hospitalisation, pour éviter la désinsertion
  • Des aides financières spécifiques pour les personnes aux revenus modestes

La principale “aide complémentaire” proposée s’appelle l’Aide à domicile pour les retraités non bénéficiaires de l’APA, aussi nommée parfois “aide à l’amélioration de l’habitat” ou “aide pour bien vieillir chez soi”.

Qui peut bénéficier d’une aide de la caisse de retraite ?

  • Votre proche doit généralement être retraité du régime concerné (ex : Carsat pour les salariés, MSA pour les agriculteurs, SSI pour les indépendants…)
  • Il doit avoir plus de 55 ou 60 ans (l’âge peut varier selon les caisses, notamment pour la MSA)
  • Il faut être dans une situation de fragilité : perte d’autonomie débutante, difficultés pour effectuer certaines tâches du quotidien, isolement, sortie d’hospitalisation, deuil…
  • Les personnes déjà bénéficiaires de l’APA à domicile ne sont pas prioritaires, voire exclues (l’aide de la caisse de retraite s’adresse en priorité à ceux qui n’ont pas assez de dépendance pour l’APA, mais assez de difficultés pour nécessiter un appui)
  • Les conditions de ressources existent : il faut des revenus inférieurs à un plafond, qui dépend de la caisse

En Gironde, la Carsat Aquitaine est le principal interlocuteur, mais la MSA (Mutualité Sociale Agricole) ou la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) peuvent aussi intervenir selon le parcours professionnel de votre proche.

Quelles sont les aides concrètes que l’on peut obtenir ?

Voici un panorama des dispositifs les plus courants :

  • L’aide à domicile ponctuelle ou régulière.
    • Exemple : financement de plusieurs heures par semaine d’aide-ménagère, intervention d’un service mandataire ou prestataire.
    • La Carsat Aquitaine peut accorder entre 10 et 30 heures/mois, pour une période allant de 3 à 6 mois renouvelables (source : Carsat Aquitaine).
    • Participation financière du bénéficiaire, calculée selon ses ressources (de 10 à 75 % du coût).
  • La prestation d’accompagnement au retour à domicile après hospitalisation (ARDH).
    • Dispositif d’urgence, activé quand une sortie d'hôpital précède la reprise de l’autonomie.
    • Financement de 24h à 80h d’aide à domicile sur 3 mois maximum.
    • Cette aide s’ajoute à l’APA si elle n’a pas encore été attribuée.
    • Demande à faire le plus tôt possible auprès du service social de l’hôpital.
  • Des aides pour adapter ou sécuriser le logement :
    • Subventions travaux pour améliorer la sécurité (salle de bain, wc, suppression de marches…)
    • Participation à l’achat de matériel de téléassistance : jusqu’à 80 % du coût d’installation et de l’abonnement annuel peuvent être pris en charge.
    • Actions de prévention ou d’équipement (lampe détecteur de mouvement, chemin lumineux, etc.).
  • Des aides pour rompre l’isolement :
    • Participation pour un séjour temporaire en résidence autonomie ou en accueil de jour.
    • Chèques vacances seniors, ou soutien pour participer à des activités sociales.
  • Soutiens ponctuels :
    • Déblocage d’une aide financière pour passer un moment difficile : deuil, séparation, frais d’obsèques…
    • Caisse complémentaire : certains régimes Agirc-Arrco proposent des aides “coup de pouce” (jusqu’à 900 € par an pour certaines situations, source : Agirc-Arrco).

Les montants varient d’une caisse et d’une personne à l’autre. Par exemple, en 2024, la Carsat peut participer à hauteur de 1 500 € sur une année pour l’aide à domicile hors APA (service-public.fr).

Comment faire la demande en Gironde ?

La première étape reste souvent… de se repérer dans ses propres papiers. Savoir de quelle caisse dépend votre parent (cela peut être regroupé sur le relevé de carrière ou la dernière attestation de paiement).

Étape 1 : Identifier la caisse de retraite

  • Caisse de base (Carsat, MSA, SSI, etc.) : c’est souvent la plus importante, surtout pour les aides au maintien à domicile.
  • Caisse complémentaire : certaines (Agirc-Arrco pour les ex-salariés du privé) proposent aussi des aides ou des conseils en prévention.

N’hésitez pas à contacter le numéro d’information national dédié : 39 60 (service retraite), ou directement la Carsat Aquitaine au 3960 (service gratuit + coût d’appel).

Étape 2 : Constituer le dossier

  • Formulaire de demande (à télécharger ou à récupérer en agence retraite de Bordeaux ou en point relais local, souvent dans les CCAS de Gironde).
  • Justificatifs : pièce d’identité, relevé de retraite, avis d’imposition, attestation d’assurance, justificatif de domicile.
  • Devis des prestations envisagées (aide à domicile, travaux d’adaptation, matériel de sécurité…)
  • Bilan de santé ou certificat du médecin traitant, qui évaluera la perte d’autonomie (attention, il ne s’agit pas de la grille AGGIR stricte comme pour l’APA, mais d’une évaluation spécifique à la caisse de retraite).

Étape 3 : Attendre la visite d’évaluation sociale

  • Un évaluateur social (souvent du Centre Local d’Information et de Coordination, CLIC, de Bordeaux ou du secteur) viendra échanger avec votre proche.
  • C’est l’occasion de bien expliquer les besoins : montrer les difficultés à la maison, insister sur la fatigue des aidants, décrire les attentes concrètes.

Étape 4 : Décision et mise en place

  • Le délai moyen varie : comptez 1 à 2 mois après le dépôt du dossier (plus long en cas d’affluence ou de vacances scolaires).
  • En cas d’accord, le bénéficiaire reçoit un courrier d’attribution avec le montant, la durée et la part restant à charge.
  • Le service d’aide à domicile partenaire de la caisse prendra contact pour commencer l’accompagnement.

Peut-on cumuler les aides ? À quoi faire attention ?

La prise en charge des caisses de retraite ne peut pas se substituer à l’APA (gérée par le Département de la Gironde), mais elles peuvent se compléter dans les périodes de transition.

  • Si le dossier APA est en cours, la caisse de retraite peut accorder une aide “le temps de l’instruction” (jusqu’à 3 mois d’intervention ponctuelle).
  • En cas de refus de l’APA ou de seuil trop bas (dépendance légère, GIR 5-6 sur la grille AGGIR), la caisse peut intervenir plus durablement.
  • Attention : les caisses complémentaires peuvent parfois compléter (Agirc-Arrco), mais il faut bien vérifier cumul et justificatifs.

Ce système reste complexe à comprendre. Les professionnels des CCAS, du CLIC Gironde ou du réseau ASHPA (association d’aide à domicile locale) peuvent vous aider gratuitement à faire le point sur vos droits, à prioriser vos demandes et à remplir les dossiers.

Pourquoi ces aides sont-elles mal connues ?

Même en Gironde, de nombreuses familles passent à côté des aides spécifiques parce que :

  • Les caisses communiquent peu ou par courrier difficile à comprendre.
  • Les informations changent régulièrement (plafonds revus chaque année, formulaires en ligne, critères affinés…)
  • Elles paraissent d’abord destinées aux “très âgés” ou aux “plus dépendants” alors qu’elles concernent avant tout ceux qui commencent à avoir besoin d’aide.
  • On pense automatiquement à l’APA : or, celle-ci est réservée à un niveau de perte d’autonomie important (GIR 1 à 4), tandis que 40 % des personnes âgées aidées à domicile sont considérées en GIR 5 ou 6 (dépendance légère), donc potentiellement éligibles à l’aide de la caisse de retraite (source : DREES, indicateurs officiels).

Bon à savoir : des associations en Gironde spécialisées pour vous accompagner

  • CLIC Bordeaux et Gironde : appui gratuit pour faire le point, monter le dossier, comprendre les réponses et faire valoir vos droits (www.gironde.fr/clic).
  • Services d’aide à domicile partenaires de la Carsat ou de la MSA : ADMR Gironde, ASSAD, Aide à Domicile 33... Ces structures sont agréées pour l’accompagnement administratif ou la mise en place concrète à domicile.
  • CCAS des principales communes (Bordeaux, Mérignac, Pessac, etc.) : interlocuteurs locaux, relais entre les familles et les caisses, aide au montage de dossier.

N’hésitez pas à solliciter une visite à domicile, c’est souvent le meilleur moyen d’exprimer les besoins, sans rien oublier.

À retenir pour une démarche efficace en Gironde

  • Les caisses de retraite de base (Carsat, MSA, SSI) proposent des aides financières ou humaines pour les retraités qui débutent une perte d’autonomie, dès 55 ou 60 ans.
  • Les démarches restent parfois fastidieuses, mais le contact humain (via le CLIC ou le service d’aide à domicile) fait toute la différence dans le suivi du dossier et l’accès aux aides.
  • Toutes les situations particulières (sortie d’hospitalisation, isolement, changement brutal de situation familiale) méritent d’être signalées : il existe des dispositifs de solidarité souvent mobilisables en urgence.
  • En Gironde, les CLIC et les services d’aide à domicile sont vos alliés pour éviter l’isolement dans la gestion administrative, prenez rendez-vous ou demandez à être rappelé.

Enfin, qu’il s’agisse d’un premier dossier ou d’une demande complémentaire, osez formuler vos questions aux professionnels des caisses et des associations : il n’existe pas de “petite demande” quand on cherche à sécuriser le quotidien d’un parent âgé.

Besoin d’un avis personnalisé ou d’un point d’étape ? L’équipe du CLIC Gironde, les assistantes sociales du CCAS ou les associations locales (voir la rubrique ressources du blog) pourront vous orienter rapidement et efficacement.